Services de santé mentale aux enfants de militaires : Un dommage collatéral

Services de santé mentale aux enfants de militaires : Un dommage collatéral

avril 13, 2007

13 avril, 2007

La province a créé un fonds d’urgence de 2 millions $ pour les services de santé mentale aux enfants et le gouvernement fédéral s’est engagé à allouer 100 000 $ pour venir en aide aux enfants traumatisés du personnel des Forces canadiennes basé en Ontario et en service en Afghanistan.

La province a créé un fonds d’urgence de 2 millions $ pour les services de santé mentale aux enfants et le gouvernement fédéral s’est engagé à allouer 100 000 $ pour venir en aide aux enfants traumatisés du personnel des Forces canadiennes basé en Ontario et en service en Afghanistan. Aucun rapport n’a été publié.
 

L'intervention de l'Ombudsman de l'Ontario permet de résoudre la crise des services de santé mentale pour les enfants des soldats Ontariens servant en Afghanistan (Communiqué de presse - 13 avril 2007)
Aperçu - Crise de sante mentale chez les enfants a Petawawa (PDF accessible)
 

Mise à jour - Rapport annuel 2009-2010

Depuis l’enquête menée par l’Ombudsman en mars 2007 sur les services de santé mentale offerts aux enfants des militaires à la base des Forces canadiennes de Petawawa, les enquêteurs de l’EISO continuent de surveiller de près la situation. En 2007, l’Ombudsman avait découvert que le nombre d’enfants ayant besoin de services de counseling s’était multiplié par 10 à la base, en raison de la mission militaire du Canada en Afghanistan. À cause d’un manque de ressources, les enfants devaient attendre jusqu’à six mois une consultation avec un fournisseur de services de santé mentale au Phoenix Centre for Children and Families.

En réponse aux recommandations de l’Ombudsman, le gouvernement provincial avait alloué un financement immédiat au Centre et avait créé un fonds de prévoyance de 2 millions $ pour des services de santé mentale aux enfants des communautés en situation de crise. De plus, le ministère de la Défense nationale avait confirmé que le gouvernement fédéral était prêt à tenir de plus amples discussions avec la Province dans l’objectif de répondre aux besoins de santé mentale des enfants de la base de Petawawa. L’Ombudsman n’avait pas publié de rapport officiel, étant donné que la situation avait été réglée. Le Centre avait pu engager davantage de personnel et répondre à la demande grandissante de services au cours des années suivantes.

Le Ministère continue de communiquer des mises à jour régulières à l’Ombudsman sur le statut des familles de militaires en attente de services au Centre. De son côté, le personnel de l’EISO communique régulièrement avec le Centre et avec la base.

L’an dernier, 103 membres de familles de militaires ont reçu des services chaque mois, en moyenne, tandis que 23 étaient en attente de thérapie pour la famille ou les enfants, et que quatre attendaient des services collectifs. Mais les attentes étaient seulement de 4 à 6 semaines. L’Ombudsman a complimenté le Ministère de sa détermination à collaborer avec le gouvernement fédéral à ce sujet et il continue de suivre les développements.
 

Mise à jour - Rapport annuel 2008-2009

L’Ombudsman continue de surveiller l’avancement de la mise en oeuvre de ses recommandations de 2007 à propos des services de santé mentale aux enfants des soldats de la Base des Forces canadiennes à Petawawa (BFC). Au mois de mars cette année-là, une enquête de l’EISO a conclu que la demande de services de conseillerspsychologiques avait décuplé à la BFC en raison de la mission militaire du Canada en Afghanistan. Par manque de ressources, les enfants des familles de militaires devaient attendre jusqu’à six mois pour obtenir un traitement au Phoenix Centre for Children and Families, le fournisseur local de services de santé mentale à l’enfance. L’enquête de l’Ombudsman a conclu à une impasse entre le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial, alors qu’il était clairement de la responsabilité provinciale d’assurer des services de santé mentale aux enfants des militaires. Les enfants qui attendaient désespérément des soins étaient en fait des victimes collatérales.

En réponse aux recommandations de l’Ombudsman, le gouvernement provincial a créé un fonds de contingence de deux millions $ pour dispenser des services de santé mentale aux enfants dans les communautés confrontées à une crise ou à des circonstances extraordinaires et il a alloué un financement immédiat au Phoenix Centre. Le ministère de la Défense nationale a confirmé que le gouvernement fédéral était disposé à tenir de plus amples pourparlers avec la province pour répondre aux besoins de soins de santé mentale des enfants de la BFC à Petawawa. Grâce au complément de financement accordé par les deux gouvernements, le Phoenix Centre a pu engager plus de personnel pour répondre à la demande grandissante de services.

Le financement conjoint des gouvernements provincial et fédéral se poursuit et semble donner de bons résultats. Le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse de l’Ontario surveille les demandes de services.

En décembre 2008, le Phoenix Centre a signalé qu’il n’y avait eu aucune réduction dans la demande et qu’il prévoyait pour la nouvelle année une augmentation des cas référés, en raison de la mort de trois soldats ce mois-là. Depuis, plusieurs autres soldats de la BFC à Petawawa ont trouvé la mort en Afghanistan. Le retour du dernier contingent de Petawawa déployé en Afghanistan a commencé en février 2009, la plupart des soldats arrivant en avril. Un autre déploiement de cette base est attendu plus tard en 2009.

Chaque mois, le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse continue d’informer l’EISO du nombre d’enfants sur la liste d’attente. En février 2008, 89 clients militaires recevaient des services, tandis que 13 attendaient des traitements pour famille/enfants et que l’un d’entre eux était en attente d’une thérapie de groupe. Les enquêteurs de l’EISO communiquent régulièrement avec le Phoenix Centre et les autorités militaires et suivent de près les développements.


Mise à jour - Rapport annuel 2007-2008

L’enquête menée par l’Ombudsman en mars 2007 sur les services de santé mentale offerts aux enfants des soldats de la base des Forces canadiennes à Petawawa a attiré l’attention nationale sur les problèmes auxquels se trouvaient confrontées les familles des troupes envoyées en mission en Afghanistan. Le 1er mars 2007, le Centre Phoenix à Petawawa s’est plaint à l’Ombudsman que la province ne fournissait pas de ressources adéquates pour les enfants traumatisés des soldats blessés ou tués à l’étranger.

La BFC de Petawawa avait détaché 1 500 soldats en Afghanistan dans les mois qui ont précédé cette plainte – dont plus de 80 avaient été blessés et 14 avaient été tués rien qu’à l’automne de 2006. Les retombées de ces événements sur la santé mentale des enfants étaient graves. La demande de services de counseling était passée de 2 % à 20 % des cas au Centre Phoenix. De plus, en raison du manque d’argent et de personnel, les enfants devaient attendre jusqu’à six mois pour obtenir un traitement. Néanmoins, le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse avait refusé les demandes de ressources soumises par le Centre Phoenix, déclarant que la question était du ressort fédéral car elle se rapportait à une mission militaire fédérale.

L’enquête de l’Ombudsman, achevée en 10 jours, a conclu que même si la responsabilité de la défense nationale incombait au gouvernement fédéral, l’Ontario était responsable des services de santé mentale pour tous les enfants de la province – quelle que soit la profession de leurs parents. Les enquêteurs de l’EISO ont mené des entrevues avec plus de 20 personnes à Petawawa et à Ottawa, dont des veuves de soldats tués au combat, des membres du personnel de la base, des employés du Centre Phoenix, des dirigeants provinciaux et fédéraux, et des membres du personnel dans des bases militaires d’autres administrations.

L’enquête a déterminé que la base de Petawawa était en situation de crise. L’Ombudsman a recommandé que le Ministère fournisse immédiatement un financement aux services de santé mentale pour les enfants de la région et qu’il consulte le gouvernement fédéral pour régler le problème à long terme. En réponse, le premier ministre de la province, Dalton McGuinty, a confirmé que son gouvernement avait créé un fonds de prévoyance de 2 millions $ pour appuyer les services de santé mentale à l’enfance dans les communautés en crise ou face à des circonstances exceptionnelles – fonds dont bénéficierait sans plus tarder le Centre Phoenix. Ce nouveau fonds faisait partie d’une augmentation totale de 24,5 millions $ allouée aux services de santé mentale à l’enfance. Le ministre de la Défense nationale a confirmé que le gouvernement fédéral était disposé à tenir de plus amples discussions avec la province afin de répondre aux besoins de services de santé mentale pour les enfants de Petawawa.

Au début d’avril 2007, le Ministère a accordé une augmentation de budget pour 2007-2008 afin de permettre au Centre Phoenix d’engager deux nouveaux thérapeutes et deux nouveaux travailleurs auprès des jeunes. De son côté, le gouvernement fédéral a alloué 100 000 $ au Centre familial de ressources pour la communauté militaire de Petawawa, afin qu’il puisse passer un contrat de services avec le Centre Phoenix. Le problème ayant été ainsi résolu, l’Ombudsman n’a pas fait paraître de rapport officiel, mais il a communiqué les résultats de son enquête le 13 avril 2007.

Depuis, chaque mois, le Ministère informe l’Ombudsman du statut des familles de militaires qui attendent des services du Centre Phoenix. Le nombre de clients est passé de 46 en avril 2007 à 71 en décembre 2008. Tous les mois, entre un et six clients attendent des services collectifs de counseling. Mais alors que seulement quatre clients étaient sur la liste d’attente pour un traitement à la famille/à l’enfance en avril 2007, il y en avait 28 en décembre 2007.

Selon le Centre Phoenix, ces fluctuations s’expliquent par un nouveau renforcement des activités militaires, qui influe sur le stress dans les familles. Les listes d’attente ont commencé à s’allonger à l’automne de 2007 quand des renforts de troupes ont été envoyés en formation prolongée. Une autre hausse de la demande en services de counseling est prévue pour l’été 2008, juste avant qu’un autre contingent de 1 500 soldats de Petawawa soit déployé en Afghanistan. La demande devrait rester forte jusqu’en juin 2009 (soit trois mois après leur retour prévu). L’Ombudsman continuera de surveiller la situation et verra si le gouvernement répond adéquatement aux besoins des enfants de la région de Petawawa.
 

Mise à jour - Rapport annuel 2006-2007

Le 1er mars 2007, l’Ombudsman a reçu une plainte du directeur général du Phoenix Centre, seul centre de santé mentale pour enfants dans le comté de Renfrew, où se trouve la Base des Forces canadiennes de Petawawa. Le plaignant alléguait que la Province n’assurait pas un financement adéquat aux services de santé mentale pour les enfants des militaires, en temps de crise.

À cette époque, 14 soldats de la Base de Petawawa déployés en Afghanistan étaient morts au combat, et 80 autres avaient été gravement blessés durant l’été de 2006. Les répercussions des événements sur la santé mentale des enfants de soldats dans l’ensemble de la communauté de Petawawa étaient dramatiques. Depuis août 2006, les demandes de services de consultation psychologique pour les enfants de militaires étaient passées de tout juste 2 % à 20 % des cas traités par le Phoenix Centre. Mais en raison du manque de financement, ces enfants étaient contraints d’attendre jusqu’à six mois pour obtenir un traitement. Le Phoenix Centre avait demandé un financement complémentaire de 536 250 $ au gouvernement provincial pour faire face à la situation, mais la ministre des Services à l’enfance et à la jeunesse y avait opposé un refus à plusieurs reprises. La ministre Mary Anne Chambers avait déclaré publiquement que, comme la recrudescence de la demande de services résultait directement de la décision du gouvernement fédéral d’envoyer des troupes en Afghanistan, il revenait à ce gouvernement d’en assumer les conséquences.

La ministre a confirmé à l’Ombudsman qu’elle ne débloquerait pas de supplément de fonds pour le Phoenix Centre, car il y avait une pénurie globale d’argent pour les services de santé mentale pour enfants dans toute la province, et car elle estimait qu’il appartenait au gouvernement fédéral d’intervenir.

L’EISO a achevé son enquête après 10 jours. L’équipe d’enquête a fait plus de 20 entrevues à Petawawa et à Ottawa, entre autres avec deux veuves de soldats tués au combat, des responsables de la BFC de Petawawa et des organisations qui appuient les familles des militaires. Il ne faisait aucun doute que la communauté vivait une épreuve terrible, qui exigeait une attention immédiate. Les enquêteurs ont appris qu’il y avait davantage de problèmes de drogues, de criminalité, de troubles de l’alimentation, d’automutilation et de tendances au suicide parmi les jeunes touchés. Les enfants n’étaient pas seulement très inquiets que leurs parents puissent compter parmi les prochaines victimes, mais ils souffraient aussi profondément des pertes vécues par bon nombre de leurs amis. Le retour d’un contingent militaire en janvier et février n’avait fait qu’aggraver le problème, car on avait noté que jusqu’à 20 % des soldats pouvaient souffrir de stress opérationnel. En fait, la liste d’attente des familles inscrites au Phoenix Centre pour obtenir des services de consultation psychologique s’était considérablement allongée depuis décembre 2006, et le pourcentage de couples qui cherchaient à divorcer avait apparemment doublé.

L’équipe de l’EISO a fait des entrevues avec les fonctionnaires provinciaux du ministère des Services à l’enfance et à la Jeunesse, et a rencontré les adjoints spéciaux du ministre de la Défense nationale ainsi que des hauts responsables de Santé Canada et de Ressources humaines et Développement social Canada. Ces rencontres n’ont pas eu simplement pour objectif de recueillir des renseignements mais d’encourager les deux ordres de gouvernement à ouvrir le dialogue.

L’Ombudsman a déterminé que la prestation des services de santé mentale aux enfants des membres des Forces canadiennes relevait uniquement de la responsabilité de la Province et que le ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse n’avaient pas assuré adéquatement ces services. Toutefois, l’Ombudsman a indiqué que le gouvernement fédéral avait une obligation morale d’intervenir dans cette crise, et ceci pour un certain nombre de raisons, dont les répercussions potentielles des événements sur le moral des soldats. Il a recommandé que le Ministère assure un financement immédiat aux services de santé mentale pour enfants de la région et qu’il prenne les mesures nécessaires pour que ces services soient dispensés à long terme en consultation avec le gouvernement fédéral.

Vu la gravité de la situation, l’Ombudsman a rencontré le premier ministre Dalton McGuinty, de même que le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor, pour discuter ses conclusions et recommandations. Le premier ministre a confirmé que, en réponse aux recommandations de l’Ombudsman, son gouvernement avait créé un fonds de prévoyances de 2 millions $ pour assurer des services de santé mentale aux enfants dans les communautés qui vivent une crise ou des circonstances extraordinaires – et que le Phoenix Centre bénéficierait d’un financement immédiat puisé à ce fonds. Ce nouveau fonds faisait partie d’une augmentation de 24,5 millions $ accordée aux services de santé mentale pour enfants, comprenant une hausse de 5 % du financement des activités de base pour les organismes de santé mentale à l’enfance et à la jeunesse (avec un total de 18 millions $) et une somme de 4,5 millions $ pour répondre aux priorités régionales. Le ministre de la Défense nationale a confirmé que le gouvernement fédéral était ouvert à de plus amples discussions avec la Province pour veiller à répondre aux besoins de services de santé mentale des enfants à Petawawa.

Au début d’avril 2007, les responsables du ministère des Services à l’enfance et à la jeunesse ont rencontré la direction du Phoenix Centre, et ils se sont entendus sur une augmentation budgétaire pour 2007-2008 qui permettrait au centre d’engager deux nouveaux thérapeutes et deux nouveaux travailleurs auprès des jeunes. D’autres discussions seront tenues plus tard dans l’année. Le gouvernement fédéral a alloué 100 000 $ au Centre de ressources pour les familles des militaires de Petawawa, afin qu’il puisse signer des accords contractuels de services avec le Phoenix Centre. De plus, le Ministère s’est engagé à informer chaque mois l’Ombudsman des progrès réalisés et de la liste d’attente des enfants au Phoenix Centre.

Considérant l’urgence de la situation et le fait que la plainte avait été résolue, l’Ombudsman n’a pas fait paraître de rapport officiel mais il a rendu publics les résultats de son enquête le 13 avril 2007 à Ottawa.