L'ombudsman veut que les policiers priorisent la désescalade lors de conflits (Radio-Canada)

L'ombudsman veut que les policiers priorisent la désescalade lors de conflits (Radio-Canada)

juin 29, 2016

29 juin, 2016

L'ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé, demande au gouvernement d'exiger que les policiers utilisent, lors de conflits, des techniques de désescalade avant d'avoir recours à une force mortelle.

Radio-Canada
Philippe de Montigny
29 juin 2016
 
L'ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé, demande au gouvernement d'exiger que les policiers utilisent, lors de conflits, des techniques de désescalade avant d'avoir recours à une force mortelle.
 
L'enquête découle du cas très médiatisé de Sammy Yatim, un homme de 18 ans abattu par un policier en 2013 alors qu'il tenait un couteau dans un tramway de Toronto.
 
Depuis le début de l'enquête, 19 autres personnes sont mortes en Ontario sous les balles de policiers.
 
« Le problème de la formation donnée aux policiers pour gérer les situations de conflit avec des personnes en crise n'est pas une question de débat théorique; c'est littéralement une question de vie et de mort » lance l'ombudsman Paul Dubé.
 
La Loi ontarienne sur les services policiers confère aux agents le droit d'utiliser leur arme sur la voie publique en cas de légitime défense.
 
Toutefois, des documents du service de police de Toronto précisent que l'entraînement des policiers comprend notamment « le recours à la force mortelle dans des situations de danger imminent et de légitime défense ».
 
L'ombudsman recommande donc que des techniques de désescalade soient priorisées avant l'usage de force mortelle.
 
Il recommande notamment :

  • que le Ministère développe une nouvelle réglementation et un nouveau cursus sur la communication et la désescalade pour les policiers de l'Ontario
  • des formations plus longues pour les nouveaux policiers afin qu'ils aient plus de pratique dans la gestion de situations avec des personnes en crise ou atteintes de maladie mentale. À présent, les recrues n'ont que 5 séances de 90 minutes sur la « communication et la désescalade », ce qui représente un tiers de ce qu'ils reçoivent sur la conduite automobile, souligne l'ombudsman.
  • que les policiers en service aient une formation de deux jours par an pour perfectionner leurs techniques de désescalade.
 
Le nouveau ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, David Orazietti, s'engage à mettre en application l'ensemble des 22 recommandations.
 
« Aucune famille, ni aucun policier, ne devrait vivre de telles tragédies », affirme le ministre Orazietti. « Nous avons déjà commencé à améliorer les formations policières pour que les agents soient mieux outillés en matière de désescalade. »
 
L'ombudsman espère qu'une nouvelle réglementation entrera en vigueur dans la prochaine année.